Les effets pervers de l’exploitation minière se font peut-être ressentir à Kolwezi, notamment. Une alerte sanitaire a été signalée sur le site de KCC, à Kolwezi, dans la province du Lualaba. Selon les informations portées à la connaissance du Président Félix Tshisekedi, « des risques d’irradiation et de contamination radioactive pourraient menacer les travailleurs ainsi que les populations riveraines ».
Ce dossier des risques d’irradiation et de contamination radioactive dans les zones minières et industrielles s’est invité au cœur du dernier Conseil des ministres en République démocratique du Congo. Le chef de l’État a lui-même fait part de la situation au gouvernement.
« Si ces risques de contamination radioactive venaient à se confirmer, les conséquences pourraient être lourdes, : exposition à des radiations dangereuses, apparition de maladies graves à moyen et long terme, contamination durable des sols, des cours d’eau et de la chaîne alimentaire », souligne la note du compte rendu du conseil des ministres.
Les impacts ne seraient pas uniquement sanitaires. De tels incidents pourraient également entraîner des déplacements de populations, perturber les activités économiques locales et fragiliser l’image du secteur minier congolais, pourtant pilier de l’économie nationale.
Une riposte gouvernementale attendue
Face à cette situation jugée préoccupante, le Président de la République appelle à une réaction rapide, coordonnée et rigoureuse des autorités compétentes. L’objectif est de prévenir toute catastrophe, protéger les populations et garantir un encadrement strict des activités minières.
Il a ainsi instruit la Première ministre Judith Suminwa de mettre en place, en urgence, une commission ad hoc chargée du suivi de ce dossier sensible. Cette structure devra appuyer les mesures sanitaires, environnementales, techniques et scientifiques nécessaires pour contenir les risques identifiés sur le site de KCC, mais aussi anticiper d’éventuels cas similaires à travers le pays.
Le recours à des expertises nationales et internationales n’est pas exclu, afin d’assurer une prise en charge efficace et crédible de la situation.
Une pollution récurrente
Début mars, un rapport d’enquête publié par l’Agence américaine d’investigation environnementale (EIA) a accusé le groupe minier chinois CMOC, premier producteur mondial de cobalt, d’être à l’origine d’une grave pollution de l’air et d’une crise sanitaire dans la région de Tenke Fungurume, dans le sud de la République démocratique du Congo.
Ce weekend, lors du conseil des ministres, le Président Félix Tshisekedi est revenu également sur l’épisode survenu en 2025 dans le quartier Kasapa, à Lubumbashi, où les activités de la société Congo Dongfang Mining (CDM) avaient provoqué une pollution des eaux et des sols, accompagnée de dégâts importants sur la faune et la flore. Cette catastrophe avait profondément affecté les conditions de vie des populations locales.
À l’époque, le Chef de l’État avait fermement appelé les exploitants miniers et industriels au strict respect des normes environnementales, tout en instruisant les ministères concernés de renforcer les mécanismes de contrôle et de coordination.
Ce dossier met en lumière un défi majeur pour la RDC : concilier exploitation minière, moteur essentiel de croissance, et protection de l’environnement ainsi que de la santé publique.
Dans un pays riche en ressources naturelles, la gestion responsable des activités extractives apparaît plus que jamais comme une condition indispensable pour un développement durable et inclusif.
Patrick Ilunga


