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vendredi, juin 26, 2026

Ebola en RDC : le cap des 300 morts franchi

La 17ᵉ épidémie de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo a franchi un seuil particulièrement préoccupant. Selon les dernières données officielles, la barre des 300 décès a été dépassée, avec 304 morts enregistrés sur un total de 1 155 cas confirmés. L’épidémie demeure active dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

L’Ituri reste de loin le principal foyer de transmission. Les autorités sanitaires y poursuivent une riposte intensive, alors que 326 patients sont actuellement pris en charge et que 138 personnes ont été déclarées guéries depuis le début de cette flambée. Le taux de létalité s’établit désormais à 26,3 %, illustrant la gravité de cette épidémie causée par la souche Bundibugyo du virus Ebola.

Quelques avancées sont toutefois enregistrées sur le terrain. Les équipes de riposte ont annoncé que 16 nouveaux patients ont été déclarés guéris en Ituri après avoir obtenu des résultats négatifs aux tests de contrôle. Par ailleurs, le suivi des personnes contacts atteint désormais 79,2 %, un indicateur jugé essentiel pour interrompre les chaînes de transmission.

Ce franchissement du seuil des 300 décès intervient dans un contexte de vigilance accrue, marqué par la confirmation d’un cas d’Ebola en France chez un médecin humanitaire ayant participé à la riposte en Ituri entre le 22 mai et le 19 juin. Déployé par l’organisation médicale ALIMA au Centre médical évangélique de Rwampara, à Bunia, le praticien n’avait présenté aucun symptôme avant son départ de la RDC. Les autorités rappellent néanmoins qu’en raison de ses fonctions auprès des malades, il était considéré comme exposé à un risque potentiel d’infection.

À la suite de cette confirmation, le gouvernement congolais a annoncé une nouvelle mesure sanitaire. Toute personne en provenance des zones affectées par l’épidémie devra désormais observer une période obligatoire de 21 jours avant d’effectuer tout déplacement, aussi bien sur le territoire national qu’à l’international. Selon Kinshasa, cette décision vise à réduire les risques de propagation du virus et à renforcer les dispositifs de surveillance déjà en place.

Les autorités congolaises précisent également travailler en étroite collaboration avec les autorités françaises afin d’assurer le traçage et le suivi des personnes ayant pu être exposées dans les deux pays.

Sur le plan régional, la RDC et l’Ouganda ont lancé un plan conjoint de riposte transfrontalière de 90 jours. Cette initiative prévoit notamment le renforcement des capacités de laboratoire, de prise en charge des malades et de surveillance épidémiologique dans les zones frontalières, en particulier autour d’Aru, afin de limiter les risques de propagation transfrontalière.

La riposte a également été marquée par le décès d’un expert de l’Institut national de santé publique (INSP), déployé en Ituri. Les analyses effectuées ont toutefois confirmé qu’il n’était pas atteint de la maladie à virus Ebola.

Malgré les défis liés à l’insécurité, à la mobilité des populations et à l’absence de vaccin homologué contre la souche Bundibugyo, les autorités sanitaires affirment maintenir une surveillance renforcée dans les provinces touchées. Elles réitèrent leur engagement à poursuivre une riposte fondée sur la rigueur scientifique afin de contenir une épidémie qui continue de représenter une menace majeure pour la santé publique en RDC.

P. E Ilunga 

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