Le gouvernement congolais a engagé un nouveau tournant dans la réforme des entreprises du portefeuille de l’État. À travers le lancement, le 30 juillet 2026, d’un processus de sélection compétitif et méritocratique des mandataires publics, les autorités entendent rompre avec les pratiques de nomination souvent critiquées pour leur manque de transparence et privilégier désormais les compétences.
Cette première phase concerne près de 140 postes de dirigeants dans quinze entreprises publiques, dont la SNEL, la REGIDESO, la SNCC, la RVA et l’ONATRA. Les fonctions de président du conseil d’administration, directeur général, directeur général adjoint et administrateur seront ouvertes à candidatures, à l’exception des mandataires déjà désignés à l’issue d’un précédent processus compétitif.
Améliorer les performances des entreprises publiques
Pour le gouvernement, la réforme répond à une préoccupation majeure : améliorer les performances des entreprises publiques, dont plusieurs connaissent depuis des années des difficultés financières, opérationnelles ou de gouvernance.
Les entreprises concernées jouent un rôle stratégique dans les secteurs de l’électricité, de l’eau, des transports ferroviaires, portuaires et aéroportuaires. Leur redressement est considéré comme indispensable pour soutenir la croissance économique, améliorer les services publics et attirer davantage d’investissements.
En privilégiant les compétences plutôt que les considérations politiques ou les équilibres de circonstance, l’exécutif espère confier la gestion de ces sociétés à des profils capables d’atteindre des objectifs précis de performance.
Renforcer la transparence et la crédibilité des nominations
Le recours à des appels publics à candidatures vise également à renforcer la transparence du processus de désignation.
Selon les principes présentés par la ministre du Portefeuille, la sélection reposera sur l’indépendance, la concurrence, le mérite, l’équité et la représentativité du genre. Les candidatures seront ouvertes à tous les Congolais, qu’ils résident au pays ou à l’étranger, et seront introduites exclusivement par voie électronique afin de limiter les interventions extérieures et d’assurer une meilleure traçabilité.
L’objectif est de renforcer la confiance du public dans les nominations à la tête des entreprises publiques.
S’aligner sur les standards de bonne gouvernance
Cette démarche s’inscrit également dans les réformes de modernisation de l’État engagées ces dernières années. Les partenaires techniques et financiers, notamment les institutions financières internationales, plaident depuis longtemps pour une professionnalisation de la gouvernance des entreprises publiques afin d’améliorer leur rentabilité et de réduire les risques liés à la mauvaise gestion.
Le gouvernement cherche ainsi à rapprocher les entreprises publiques des standards internationaux de gouvernance, où les dirigeants sont recrutés selon des critères objectifs de compétence, d’expérience et d’intégrité.
Instaurer une culture de résultats
Au-delà du recrutement, cette réforme traduit la volonté de faire évoluer la culture de gestion des entreprises publiques vers davantage de redevabilité.
Des dirigeants recrutés sur la base de leurs compétences sont censés être évalués sur leurs résultats. Cette logique devrait permettre de mieux mesurer les performances des entreprises, d’améliorer leur gestion financière et de renforcer leur contribution au développement économique du pays.
En lançant cette sélection méritocratique, le gouvernement entend donc faire des entreprises du portefeuille de l’État des structures plus performantes, mieux gouvernées et davantage orientées vers les résultats, tout en envoyant un signal de rupture avec les modes de désignation traditionnellement contestés.
Echos-Ressources


