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mercredi, mars 18, 2026

Choc pétrolier : la RDC sous pression, mais dopée par le cuivre et le cobalt

La flambée du pétrole, alimentée par les tensions au Moyen-Orient, secoue les équilibres économiques mondiaux. En République démocratique du Congo, l’onde de choc est réelle. Mais le pays pourrait amortir l’impact grâce à la vigueur exceptionnelle de ses matières premières stratégiques — dans un contexte qui demeure toutefois hautement volatile.

La hausse brutale des prix du pétrole s’impose comme le premier signal d’alerte. En une semaine, le baril a bondi de 17,1 %, franchissant le seuil symbolique des 100 dollars pour s’établir à 100,46 USD au 12 mars 2026, renseigne la note de conjoncture de la Banque centrale du Congo. Une envolée directement liée à l’escalade des tensions entre les États-Unis, Israël et l’Iran, qui a entraîné des frappes sur des infrastructures énergétiques dans le Golfe et la fermeture du détroit d’Ormuz — un corridor par lequel transite près d’un cinquième du pétrole mondial.

Sur une période plus longue, la tendance est encore plus marquée : les prix affichent une hausse de 64,9 % depuis fin décembre 2025 et de 37,8 % en glissement annuel. Une dynamique qui renchérit les coûts d’importation et fait peser des risques inflationnistes sur les économies dépendantes, dont la RDC.

Face à cette situation, Kinshasa anticipe. Le président Félix Tshisekedi a instruit la tenue de réunions stratégiques impliquant les principaux ministères économiques et la Banque centrale du Congo. Objectif : renforcer les stocks stratégiques et coordonner la riposte afin de limiter les effets d’éventuelles perturbations d’approvisionnement.

Mais derrière cette vulnérabilité énergétique, la RDC dispose d’un levier de résilience majeur : ses ressources minières.

Le cuivre, pilier des exportations congolaises, poursuit sa progression. Son prix s’est établi à 12 984,9 USD la tonne, en hausse de 0,9 % sur une semaine, de 3,5 % depuis le début de l’année et de près de 39 % sur douze mois. Une performance qui reflète une demande mondiale soutenue, notamment dans les secteurs de la transition énergétique et des infrastructures.

Le cobalt, autre métal stratégique dont la RDC est le premier producteur mondial, affiche également des niveaux élevés. Stabilisé à 55 612 USD la tonne, il enregistre une progression de 6,7 % depuis fin 2025 et une envolée spectaculaire de 162,7 % sur un an. De quoi conforter les recettes d’exportation et soutenir les finances publiques.

L’or, en revanche, marque un léger repli hebdomadaire de 2,2 %, à 5 102 USD l’once, pénalisé par le renforcement du dollar et les anticipations d’une politique monétaire restrictive de la Réserve fédérale américaine. Sur le moyen terme, le métal précieux reste néanmoins bien orienté, avec une hausse de 17,9 % depuis fin 2025 et de 76,2 % en glissement annuel.

Parallèlement, les marchés agricoles subissent eux aussi les contrecoups des tensions géopolitiques. Les prix du riz, du blé et du maïs enregistrent des hausses hebdomadaires respectives de 2,4 %, 0,9 % et 1,6 %, atteignant 249,8 USD, 220 USD et 170 USD la tonne. Ces augmentations s’expliquent par la hausse des coûts logistiques et les perturbations des chaînes d’approvisionnement, dans un contexte de forte demande mondiale.

Une résilience sous condition

En gros, l’économie congolaise se retrouve à la croisée des chemins. D’un côté, la flambée du pétrole accroît les pressions inflationnistes et budgétaires. De l’autre, la solidité des cours du cuivre et du cobalt offre un amortisseur non négligeable.

Cette équation fragile souligne une réalité : la résilience de la RDC dépendra autant de la tenue des marchés des matières premières que de l’évolution des tensions géopolitiques. Dans un environnement international incertain, l’équilibre reste précaire — et la volatilité, plus que jamais, la règle.

Patrick Ilunga 

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