En marge de la 13ᵉ session de la Conférence des gouverneurs de province, clôturée le 25 mars à Bandundu, le Président de la République Félix Tshisekedi a effectué une tournée d’itinérance dans les villes de Bandundu et de Kikwit. Objectif : prendre le pouls des réalités socio-économiques de cette région stratégique du pays.
Sur le terrain, le constat est sans appel. Malgré d’importantes richesses agricoles et un potentiel économique indéniable, la province du Kwilu reste freinée par de lourdes contraintes structurelles, au premier rang desquelles figure l’état préoccupant des infrastructures.
Parmi les défis majeurs, la dégradation avancée de la route Nationale n°17, notamment sur le tronçon Mongata–Bandundu, retient particulièrement l’attention. Cet axe vital, qui relie Kinshasa à l’espace du Grand Bandundu et s’étend vers Kikwit, est aujourd’hui difficilement praticable.
Conséquence directe : la circulation des personnes et des biens est fortement perturbée, compromettant l’évacuation des produits agricoles vers les marchés de consommation. Un goulot d’étranglement qui pénalise à la fois les producteurs et l’économie locale.
Le port de Bandundu, un potentiel sous-exploité
Au-delà du réseau routier, les infrastructures portuaires apparaissent comme un autre maillon faible. Le port de Bandundu, pourtant doté d’atouts considérables — notamment six silos de stockage et une position stratégique au cœur d’un vaste bassin économique — fonctionne en dessous de ses capacités.
En cause : la dégradation des quais, le déficit d’équipements modernes de manutention et le manque d’investissements. Autant de facteurs qui freinent son rôle de levier dans le développement du transport fluvial et du commerce intérieur.
Kakobola, espoir énergétique pour la région
Dans ce tableau contrasté, la centrale hydroélectrique de Kakobola représente une lueur d’espoir. Son opérationnalisation effective pourrait constituer un tournant majeur pour le Kwilu, en soutenant la transformation agricole, en stimulant l’activité industrielle et en attirant les investissements privés.
Encore faut-il garantir un approvisionnement énergétique fiable et continu, condition indispensable à toute dynamique économique durable.
Face à ces défis, le Chef de l’État a donné des orientations claires. Sous la coordination de la Première ministre, plusieurs membres du gouvernement ont été instruits d’agir sans délai.
Les ministres en charge de l’Agriculture, du Développement rural et celui des Infrastructures devront établir un état des lieux précis de la RN17 et proposer des mesures urgentes pour sa réhabilitation, ainsi que pour l’amélioration des routes de desserte agricole.
De son côté, le Vice-Premier ministre en charge des Transports est appelé à moderniser le port de Bandundu afin d’en faire un véritable hub logistique. Parallèlement, le ministre des ressources hydrauliques et électricité devra accélérer l’assainissement du réseau énergétique de Kakobola pour garantir une desserte stable et durable.
Vers un climat propice aux investissements
Au-delà des infrastructures, le Président Tshisekedi insiste sur la nécessité de créer un environnement attractif pour les investisseurs. Il appelle à la mise en place de mesures incitatives, tant fiscales qu’administratives, afin de faciliter l’installation d’entreprises dans le Kwilu et les provinces voisines.
L’objectif est clair : encourager la transformation locale des produits agricoles, structurer les chaînes de valeur, réduire les coûts énergétiques, stimuler l’emploi et insuffler une nouvelle dynamique à l’économie régionale.
Le message est limpide : sans infrastructures modernes et sans énergie fiable, le potentiel du Kwilu restera inexploité. Mais avec des investissements ciblés et une volonté politique affirmée, la province pourrait devenir un véritable pôle de croissance au cœur de la RDC.
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