Dès les premiers mois de 2026, les finances publiques de la République démocratique du Congo montrent des signes de fragilité inquiétants. Alors que le gouvernement s’apprête à envisager un collectif budgétaire dans un contexte international tendu, marqué notamment par les répercussions de la guerre au Moyen-Orient, le Trésor public peine déjà à maintenir l’équilibre entre recettes et dépenses.
Selon le plan de trésorerie prévisionnel pour mars 2026, les recettes publiques devraient atteindre 2.281,2 milliards de francs congolais (CDF), soit environ 924,6 millions de dollars au taux budgétaire moyen de 2.467 CDF pour un dollar américain. En face, les dépenses projetées s’élèvent à 2.960,1 milliards de CDF (environ 1,1 milliard USD), laissant apparaître un déficit mensuel significatif de 678,9 milliards de CDF, soit près de 275 millions de dollars.
Ces chiffres, issus de la note de conjoncture de la Banque Centrale du Congo arrêtée à la mi-mars, confirment la persistance des tensions sur les finances publiques. L’État congolais doit faire face à des besoins de financement élevés, entre charges courantes incompressibles et investissements jugés prioritaires.
Les deux premiers mois de l’année traduisent déjà cette tendance. En février, les recettes prévues s’établissaient à 1.953,5 milliards de CDF, contre des dépenses estimées à 2.718,0 milliards. Une large part de ces dépenses — près de 1.911,2 milliards de CDF — était consacrée au fonctionnement de l’État, soulignant le poids structurel des charges courantes dans le budget national.
Malgré une mobilisation des ressources principalement soutenue par les recettes fiscales, notamment les impôts directs et indirects, les performances restent en deçà des objectifs fixés. Les régies financières peinent à atteindre les assignations budgétaires, limitant ainsi la capacité du Trésor à combler l’écart.
Ce déséquilibre récurrent met en lumière des défis structurels profonds : une base fiscale encore étroite, une dépendance élevée aux recettes internes et des besoins croissants en financement public. Dans ce contexte, le recours à des mécanismes de financement dits « sains » est évoqué, sans que leur nature ne soit clairement précisée. Dans sa Note de conjoncture hebdomadaire du 13 mars 2026, la Banque Centrale du Congo fait savoir que « en cumul trimestriel, au 10 mars 2026, les émissions des titres publics en monnaie nationale ont totalisé 20,0 milliards de CDF contre une prévision de 600,0 milliards, alors celles en dollar américain ont rapporté 254,1 millions de USD contre une projection trimestrielle de 400,0 millions ».
Au-delà des données chiffrées, la situation pose avec acuité la question de la gouvernance budgétaire. L’amélioration de la mobilisation des recettes et le renforcement de la discipline dans l’exécution des dépenses apparaissent désormais comme des impératifs pour contenir les déficits et préserver la soutenabilité des finances publiques.
Dans un environnement économique incertain, entre pressions internes et chocs extérieurs, la RDC se retrouve ainsi face à une équation délicate : stabiliser ses finances sans freiner ses ambitions de développement.
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