8.1 C
Londres
mardi, mars 3, 2026

RDC – RWANDA: Poker menteur à Washington ?

La paix durable, tout le monde en rêve en RDC. Diplomatiquement on s’y approche. Mais sur le terrain, les troupes rwandaises ne se sont pas encore retirées, les rebelles gardent encore les villes occupées, des combats sporadiques sont enregistrés dans le Kivu. Pendant ce temps, l’Amérique de Donald Trump s’apprête à dresser la table pour forcer la paix entre le Rwanda et la RDC… Mais à quoi rime ce puzzle de la Région des Grands Lacs qui semble faire perdre le nord à la plus grande puissance mondiale ?

C’est le rendez-vous de tous les espoirs. Celui censé entériner l’accord de paix signé le 27 juin entre la RDC et le Rwanda via leurs ministres respectifs des affaires étrangères. La rencontre attendue entre le président Félix Tshisekedi et son homologue rwandais Paul Kagame autour de Donald Trump nourrit les espoirs de plusieurs en RD Congo. Dans ce vent d’optimisme, il se trouve certains esprits éclairés qui préfèrent rester prudents. Car une signature sur papier n’est pas toujours synonyme d’une vraie garantie d’un retour de la paix véritable. C’est le point de vue du professeur Dady Saleh. Cet expert des questions économiques et sécuritaires indique qu’une paix négociée avec une partie prenante aussi roublarde que le Rwanda risque d’être une paix factice. « La paix durable passe par le renforcement de nos FARDC et des Wazalendo pour chasser l’ennemi de force », dit-il, en ajoutant que quoique les efforts diplomatiques sont consentis à Doha et à Washington, le Congo doit pouvoir compter sur lui, sur ses fils et filles pour implémenter une paix durable. 

Du coté gouvernement, bien que l’engagement pour la paix est total, nul ne s’enferme dans un optimisme aveugle. Prudence et vigilance, recommande Patrick Muyaya, porte-parole de l’exécutif national. Le ministre de la communication exhorte les Congolais à faire preuve de vigilance, à se mobiliser et faire barrage « au poison rwandais ». 

L’Amérique de Trump semble optimiste et sûre d’elle. Mais les observateurs avertis savent que rien n’est gagné. Ils se souviennent que l’actuelle guerre a pris une tournure encore plus inquiétante au lendemain du rendez-vous manqué du 15 décembre  2024. Cette rencontre était censée mettre autour d’une table les présidents Tshisekedi et Kagame. La rencontre avait été présentée comme le rendez-vous ultime pour sceller le début de la désescalade. A la dernière minute, le président rwandais avait fait faux bon à la rencontre du médiateur d’alors Joao Lourenço. Le chef de l’Etat rwandais avait manqué à ce rendez-vous. La suite, on la connait, la guerre avait empiré et un peu plus d’un mois après, Goma tombait à l’issue d’un effroyable carnage de près de 10 mille personnes. En février, Bukavu tombait à son tour entre les mains des rebelles.

Les FARDC et les Wazalendo avaient dû mettre les bouchées doubles pour empêcher la progression des agresseurs. 

Dans cette nuit morne d’une interminable guerre, le Qatar et les Etats-Unis d’Amérique de Donald Trump sont arrivés de manière inattendue en vue de donner un nouveau souffle aux processus de paix de Luanda et Nairobi. Désormais c’était à Washington et à Doha que naissait l’espoir de paix. Malgré le coup de pression du président américain, les engagements signés ne sont pas suivis d’effets sur le terrain. Le respect de l’intégrité territoriale, le règlement pacifique des différends, l’interdiction des actes hostiles, l’interdiction de soutenir les groupes armés, la protection des civils… Tous ces points inscrits dans l’accord du 27 juin, restent encore sur le papier.

Patrick Ilunga

Dernières nouvelles
- Advertisement -spot_img
Nouvelles connexes

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici