La République démocratique du Congo franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de transformation locale des ressources minières. Mercredi 11 mars, les autorités ont procédé au lancement de la première raffinerie pilote d’or du pays à Kalemie, dans la province du Tanganyika. Une initiative présentée comme un tournant dans la gouvernance du secteur aurifère congolais, longtemps marqué par l’exportation de minerai brut et par une forte contrebande.
La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs membres du gouvernement, dont le ministre d’État en charge du Plan, Guylain Nyembo, le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, et la ministre du Portefeuille, Julie Shiku. Des responsables de la société publique DRC Gold Trading SA, des autorités provinciales ainsi que des partenaires privés ont également assisté à l’événement.
Un partenariat public-privé
Baptisée DRC GOLD Refinery SA, l’infrastructure est issue d’un partenariat entre DRC Gold Trading SA et la société privée Lunga Mining. Cette raffinerie pilote dispose d’une capacité de production estimée entre 500 et 600 kilogrammes d’or par mois.
L’installation couvrira l’ensemble de la chaîne de valeur, de l’achat du métal précieux auprès des exploitants jusqu’au raffinage et à la production de lingots destinés à l’exportation. Une évolution notable pour un pays dont une grande partie de l’or est encore exportée à l’état brut ou échappe aux circuits officiels.
Vers une souveraineté accrue
Lors de son intervention, le ministre des Mines a salué la vision du président Félix Tshisekedi, qui plaide pour une valorisation locale des ressources naturelles afin de renforcer la souveraineté économique du pays. Il a également souligné le rôle du gouvernement conduit par la Première ministre Judith Suminwa dans la concrétisation de cette politique.
Selon lui, la mise en service de cette raffinerie constitue « une avancée majeure » pour l’industrie minière congolaise. Elle permettra au pays de raffiner par lui-même une partie de son or et de proposer des conditions plus transparentes aux acteurs du secteur.
Lutter contre la contrebande
Les autorités espèrent également que l’infrastructure bénéficiera aux milliers de mineurs artisanaux, aux comptoirs d’achat et aux petites exploitations minières opérant dans l’est du pays. L’objectif est d’intégrer davantage ces acteurs dans le circuit formel.
Le ministre a par ailleurs lancé un avertissement aux réseaux impliqués dans la fraude et la contrebande d’or, les invitant à rejoindre le circuit officiel mis en place autour de DRC Gold Trading SA.
Avec cette raffinerie, la RDC ambitionne désormais d’exporter de l’or raffiné d’une pureté pouvant atteindre 99,9 %. Pour Kinshasa, l’enjeu est clair : mieux contrôler une filière stratégique et s’assurer qu’une plus grande part de la valeur générée par l’or congolais profite à l’économie nationale.
Échos-Ressources


