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lundi, mars 23, 2026

Grand Inga: La RDC relance le projet, appuyée par la Banque Mondiale

La République démocratique du Congo accelère le projet Inga 3. Au cours de cette semaine, des commissions had doc devront travailler d’arrache-pied afin de presenter au gouvernement le projet de Loi Grand Inga en vue de son adoption lors de la réunion du Conseil des Ministres du 27 mars prochain, puis de sa transmission au Parlement au plus tard le 31 mars 2026. Sous la supervision de la première ministre Judith Suminwa, plusieurs ministères techniques dont ceux de l’industrie, des mines, des ressources hydrauliques et électricité, de l’environnement et développement durable…devraient murir des dossiers et procéder à la signature des protocoles du grand projet énergétique et ainsi “transmettre les ampliations à Banque Mondiale au plus tard le 03 avril 2026”, a instruit le president Félix Tshisekedi au cours de la reunion du conseil des ministres du 20 mars dernier.Le chef de l’Etat a fait part de l’ambition de faire de la République Démocratique du Congo un “véritable poumon énergétique du continent africain à travers le projet Grand Inga”. Dans cette quête de grandeur, la RDC compte sur un accompagnement financier de la Banque Mondiale, notamment. Une agence technique (l’Agence pour le Développement et la Promotion du projet Grand Inga, ADPI-RDC) pilote le projet, sous l’autorité du président Félix Tshisekedi lui-même.Dans l’effort de concrétisation de ce projet particulièrement onéreux, la Banque Mondiale a déjà disponibilisé un premier financement de 250 millions de dollars. L’enveloppe globale de la Banque Mondiale déjà approuvée depuis le 3 juin 2025 pour le Programme de Développement d’Inga 3 (PDI3) est d’un milliard de dollars américains. Le gouvernement congolais a salué “une avancée décisive pour structurer le site et créer un corridor de croissance au bénéfice des communautés”, à travers ce projet qui prend corps. C’est depuis le 02 février de cette année que les accords de financement sont entrés en vigueur, permettant à la RDC de poser les bases d’un lointain rêve. Le pays dont l’accès à l’électricité est parmi les plus faibles en Afrique, à savoir 21%, peut raisonnablement envisager “d’électrifier ses provinces, soutenir l’emploi des jeunes, impulser une croissance verte adossée à une industrie minière responsable et affirmer notre leadership énergétique en Afrique”, a souligné le porte-parole du gouvernement Patrick Muyaya.

Combattre la pauvreté

Pour la Banque Mondiale, la relance du projet Inga 3 représente une opportunité qui va au-delà de la simple production et fourniture d’électricité. « C’est l’opportunité d’écrire une nouvelle page dans l’histoire du développement de la RDC, une page qui met à profit les riches ressources du pays pour sortir des millions de personnes de l’extrême pauvreté. En soutenant la vision de la RDC pour Inga à travers ce programme et des investissements complémentaires dans la gouvernance, l’éducation et les infrastructures, le Groupe de la Banque mondiale, avec ses partenaires, peut contribuer de manière significative à convertir les ressources naturelles de la RDC en croissance économique, soutenir la création d’emplois et le développement humain pour le peuple congolais », avait déclaré Albert Zeufack, directeur de division de la Banque mondiale pour l’Angola, le Burundi, la RDC et Sao Tomé-et-Principe, au moment où cette institution de Bretton Woods avait approuvé le crédit de financement. Néanmoins la Banque Mondiale précise que projet Inga devrait s’étaler sur plusieurs années : “L’envergure du projet Inga 3 — la centrale devant générer une puissance potentielle située entre 2 et 11 GW — et sa complexité technique et politique signifient que les travaux préparatoires et la construction prendront environ une décennie. Ils nécessiteront en outre une collaboration entre le gouvernement, les partenaires de développement, le secteur privé et la société civile”.Plusieurs experts de la Banque Mondiale sont convaincus que le projet Inga 3 pourra transformer la RDC, et qu’il pourra accélérer le rythme des changements institutionnels et fournira la capacité de production d’énergie indispensable au soutien des progrès énergétiques du pays au-delà de 2030. Cet horizon est fixé par la RDC pour faire avancer significativement l’accès à l’électricité. Le gouvernement a mis les bouchées doubles pour cette ambition qui vise à porter à 62% le taux d’accès à l’électricité à l’horizon 2030. C’est dans cette optique que la RDC a finalisé la construction du barrage de Kakobola, dans la province du Kwilu, à l’ouest de la RDC. Cette centrale dont l’inauguration est prévue en ce début de 2026, devra fournir 10,5 mégawatts aux territoires de Gungu, Idiofa et la ville de Kikwit. Un projet similaire est en train d’être mené à son terme dans le Kasaï Central, au centre du pays avec la centrale de Katende. Ce barrage d’un potentiel de 64 Mégawatts fournira de l’électricité principalement aux provinces du Kasaï central et Kasaï oriental. Deux zones parmi les moins électrifiées de la RDC.

Patrick Ilunga

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