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mercredi, avril 8, 2026

RDC : 36 sites de semences évalués sur fond de faibles rendements agricoles

En République démocratique du Congo, 36 sites de production de semences agricoles améliorées ont été diagnostiqués à l’échelle nationale, selon le ministère de l’Agriculture. L’annonce a été faite mardi à Kinshasa, lors de la restitution des rapports de la campagne agricole 2025-2026.

L’évaluation a également concerné 11 centres de l’Institut national pour l’étude et la recherche agronomique (INERA), dans un exercice présenté par les autorités comme un effort de transparence et de modernisation du secteur.

Pour le ministre de l’Agriculture, Muhindo Nzangi, ce diagnostic vise à identifier les faiblesses structurelles et à mieux orienter les politiques publiques. Il évoque une « avancée significative » dans la réforme du secteur agricole.

Des performances en deçà du potentiel

Malgré ces initiatives, les indicateurs internationaux dressent un constat plus nuancé. Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, la RDC dispose de plus de 80 millions d’hectares de terres arables, dont moins de 10 % sont effectivement exploités.

Les rendements agricoles y restent parmi les plus faibles d’Afrique subsaharienne. À titre de comparaison, la productivité du maïs en RDC est souvent inférieure à 2 tonnes par hectare, contre plus de 5 tonnes dans certains pays africains mieux structurés, selon les estimations de la FAO.

L’organisation souligne également que l’accès limité aux semences améliorées, aux engrais et aux infrastructures rurales constitue un frein majeur à la transformation du secteur.

Un diagnostic, mais peu de garanties de mise en œuvre

Les autorités congolaises affirment vouloir faire de l’agriculture un moteur de croissance et un levier de sécurité alimentaire. Mais sur le terrain, de nombreux agriculteurs continuent de faire face à des contraintes logistiques, financières et techniques.

Le secrétaire général à l’Agriculture, Benjamin Toirambe, reconnaît que les missions d’experts ont permis de dresser un état des lieux « sans complaisance ». Les rapports mettent en évidence des dysfonctionnements administratifs et des insuffisances dans l’encadrement technique.

Reste désormais la question de la mise en œuvre. Dans un pays où les politiques agricoles peinent souvent à produire des résultats durables, ces évaluations seront scrutées comme un test de crédibilité pour les autorités.

Un enjeu stratégique pour la sécurité alimentaire

D’après la FAO, plus de 25 % de la population congolaise est confrontée à une insécurité alimentaire aiguë, en raison notamment des conflits, des difficultés d’accès aux marchés et de la faible productivité agricole.

Dans ce contexte, l’amélioration de la qualité des semences apparaît comme un levier essentiel, mais insuffisant à lui seul pour transformer durablement le secteur.

Les conclusions de ces évaluations devraient alimenter les ajustements de la campagne agricole 2026, avec des réformes annoncées à l’horizon 2027.

Cette initiative s’inscrit dans la continuité de la campagne agricole 2025-2026, lancée en août dernier à Menkao, dans la commune de Maluku, à Kinshasa.

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