Le marché à Kinshasa commence a répondre face à l’appréciation du franc Congolais par rapport au dollar américain. Selon un étude comparative menée par le ministère de l’économie plusieurs produits ont enregistré une baisse proportionnelle ou supérieure à la valorisation du franc, traduisant une répercussion quasi intégrale de l’effet de change.
L’étude établit une comparaison des prix entre la mi – septembre et la mi – octobre. Le tableau affiche une baisse des plusieurs produits dont les produits
halieutiques (poissons congelés), la baisse allant de 15% jusqu’à -49%; pour
le riz importé : la baisse moyenne est entre -20% à -32% selon les marques; pour les huiles raffinées (Regina, Oki): certains formats chutent de -25% à -26%.
Les viandes et volailles suivent la même tendance, soit -15% à-25% de baisse sur plusieurs pièces.
Quant aux produits en matériaux de construction (Ciment, tôles), la baisse est entre -16% à -20%. Un suivi et prélèvement ont été faits sur 39 produits de grande consommation, 183 marques et 62 types d’opérateurs, sur 16 sites y compris quatre marchés : le marché Central, Gambela, Zigida et Liberté.
Le ministère de l’économie conclut que, « ensemble, ces produits représentent environ un tiers du panier global des prix prélevés, et traduisent une amélioration directe du pouvoir d’achat des ménages ». « Passé d’un niveau moyen de 2800 à 2200 CDF pour un dollar américain, soit un gain d’environ 21%, cette évolution se traduit par une dynamique de baissière qui se reflète sur plusieurs segments du marché intérieur.
En moyenne, les prix de quarante biens de grande consommation ont reculé d’environ 13%, ce qui correspond à une transmission réelle de l’effet de change dans un environnement historiquement marqué par des pressions inflationnistes récurrentes, cette inflexion constitue un signal encourageant de réajustement des prix à la baisse », lit-on dans le rapport.
Le ministère de l’économie explique que une grande partie des produits importés ont connu une baisse sensible des prix du fait de leur dépendance directe au taux de change. Cette tendance n’est pas forcément observée pour les produits locaux, notamment les produits ménagers, le pain, les condiments ou les boissons. Pour les experts du ministère de l’économie, le suivi rigoureux va se poursuivre pour identifier les secteurs encore rigide afin de mettre en place des mécanismes souples pour un ajustement des prix.
Le ministère de l’économie nationale souligne que le suivi de l’évolution des prix des produits de grande consommation, qui l’une de ses prérogatives, vise à mieux contrôler l’évolution des prix sur les marchés et, ainsi, à lutter contre la spéculation.
Des équipes d’enquêteurs font des descentes de terrain pour collecter des données et ainsi assurer un contrôle régulier. Mais au-delà de ce contrôle physique, le ministère de l’économie a également mis en place une plateforme numérique pour un contrôle modernisé et transparent.
Le Ministère a développé une application informatique pour une surveillance en temps réel des pratiques commerciales et des flux commerciaux. Cette application est dénommée « TALO ».
Patrick Ilunga


