La Commission de la Concurrence (COMCO) a annoncé la fermeture immédiate de l’usine REVIN SARL, située à Limete, à Kinshasa. En cause : la découverte d’une substance pharmaceutique non autorisée et dangereuse, le sildénafil, introduite clandestinement dans une boisson énergisante commercialisée sous le nom de « Mutu Rouge ».
Selon le communiqué officiel, ce composé – connu pour ses effets médicaux encadrés – n’était pas mentionné sur l’étiquetage et aurait été incorporé à des doses potentiellement toxiques. Les autorités « évoquent des risques graves pour la santé publique, notamment des troubles cardiaques pouvant entraîner la mort ».
Cette décision a été prise en collaboration avec l’Autorité congolaise de réglementation pharmaceutique (ACOREP), dans le cadre de la mission de la COMCO de protection des consommateurs et de lutte contre les pratiques commerciales frauduleuses. L’institution rappelle agir conformément au décret du 10 octobre 2025 encadrant son fonctionnement.
L’affaire s’inscrit dans un contexte de vigilance accrue en matière de sécurité sanitaire des produits sur le marché congolais. Une enquête judiciaire est en cours afin d’établir les responsabilités dans cette affaire qui pourrait révéler des défaillances graves dans la chaîne de production et de distribution.
La COMCO appelle la population à cesser immédiatement la consommation de cette boisson et à signaler tout point de vente qui continuerait à la distribuer.
Une action inscrite dans un cadre régional
Cette intervention s’aligne également sur les engagements régionaux de la République démocratique du Congo au sein du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMESA). À travers la Commission de la concurrence et de la consommation du COMESA (CCCC), l’organisation régionale œuvre activement à la protection des consommateurs contre les produits impropres à la consommation.
La CCCC joue un rôle clé dans l’harmonisation des normes et le renforcement des capacités des institutions nationales. À ce titre, elle s’est fortement investie dans la formation des équipes de l’autorité de concurrence nationale (La CONAC) aujourd’hui appelée la COMCO, contribuant à professionnaliser les mécanismes de contrôle et de régulation en RDC.
Un signal fort des autorités
En agissant rapidement, la COMCO envoie un message clair : la santé des consommateurs prime sur les intérêts économiques. Cette affaire pourrait marquer un tournant dans la régulation du marché des boissons énergisantes en RDC, souvent critiqué pour son manque de contrôle.
Dans un pays où la consommation de ces produits est en forte croissance, les autorités semblent désormais déterminées à renforcer les garde-fous. Reste à savoir si cette fermeté se traduira par le retrait des produits impropres du marché et une surveillance accrue du secteur.
Patrick Ilunga


