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samedi, avril 25, 2026

Échanges économiques RDC–Angola : un potentiel immense freiné par l’informel 

Le vice-Premier ministre, ministre de l’Économie nationale, a dressé devant le Conseil des ministres un constat sans détour : malgré un potentiel économique considérable, les échanges entre la République démocratique du Congo et l’Angola restent largement plombés par l’informalité, la fraude et des contraintes administratives persistantes.

Présentant les conclusions du troisième Forum économique RDC–Angola, organisé sous le thème de l’intégration sous-régionale et du développement du commerce transfrontalier, Daniel Mukoko Samba a souligné l’urgence de réformes structurelles. « Les échanges bilatéraux restent majoritairement marqués par une informalité élevée, une fraude persistante et des contraintes administratives et financières importantes », a-t-il déclaré, alertant sur les conséquences directes pour les finances publiques et les opérateurs économiques formels.

Réunissant près de 400 participants, ce forum a mis en lumière une réalité paradoxale : une dynamique commerciale réelle, mais pas suffisamment encadrée. Résultat, l’État peine à capter les recettes, tandis que les entreprises structurées subissent une concurrence déloyale. « Cette situation limite la captation des recettes publiques, fragilise les opérateurs formels et freine l’exploitation du potentiel économique de la zone frontalière », a insisté le vice-Premier ministre.

Pourtant, les perspectives de coopération restent prometteuses. Parmi les leviers identifiés figure le corridor de Lobito, considéré comme un axe stratégique pour le désenclavement et l’exportation des ressources congolaises. À cela s’ajoute la coopération énergétique avec l’Angola, jugée capable de réduire rapidement le déficit énergétique national, ainsi que l’intégration financière, essentielle à la formalisation des échanges.

Autre piste évoquée : le développement de l’économie bleue, perçu comme un gisement d’opportunités en matière de sécurité alimentaire et de diversification des exportations. Autant de secteurs qui pourraient redéfinir en profondeur les relations économiques entre les deux pays.

En marge des travaux, la partie angolaise a transmis un projet de nouvel accord commercial destiné à remplacer celui de 2021. Mais faute de temps et en raison de l’ampleur des engagements proposés, son examen a été reporté. « Ce texte nécessite une analyse approfondie au regard de ses implications économiques et juridiques », a précisé le ministre.

Face à ces enjeux, plusieurs recommandations ont été formulées pour rendre la coopération bilatérale plus efficace. Elles portent notamment sur la simplification des procédures administratives, le renforcement des mécanismes de contrôle aux frontières, ainsi que la promotion de circuits formels d’échanges.

En filigrane, un message clair : sans réforme en profondeur, le potentiel économique RDC–Angola continuera d’échapper en grande partie aux circuits officiels. Mais avec une volonté politique affirmée, cette coopération pourrait devenir un moteur clé de croissance et d’intégration régionale.

Patrick Ilunga 

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