Embouteillages, insalubrité, voirie urbaine, la capitale est souvent sous les eaux à la moindre tombée de pluie, le gouverneur de Kinshasa, lui, est sous les feux de critiques. Les défis de Kinshasa se comptent par dizaine. L’espoir est-il pour autant perdu pour la mégapole de près de 20 millions d’âmes ? Non, selon le gouverneur de la ville Daniel Bumba Lubaki. 16 mois après son arrivée à la tête de Kinshasa, le gouverneur garde encore foi et maintient que Kinshasa prendra un autre visage coûte que coûte (Kinshasa ezo bonga, est le slogan de son programme). Sur les ondes de la radio Top Congo, le numéro 1 de la ville s’est montré rationnel. C’est un oral réussi, car Bumba Lubaki, chiffres à l’appui, a expliqué que les solutions structurelles qu’il propose, prendront du temps, mais finiront par porter des fruits.
Année après année, les kinois semblent voir empirer la vie dans la capitale. C’est la première impression de tout habitant de Kinshasa. Insalubrité, sécurité, défis de déplacements, voirie défectueuse… Le gouverneur Daniel Bumba qui totalise 16 mois à la tête de la grande ville, a hérité de ce chaos. Loin de se laisser gagner par le découragement, le numéro 1 de la ville persiste et signe, la capitale doit et va changer de visage. Des travaux herculéens sont lancés, la mégapole est en chantier, mais les défis sont énormes, encore. Les problèmes de Kinshasa, Bumba Lubaki les résume en quelques mots : « la ville fait face à des défis depuis plusieurs dizaines d’années. Mais aux problèmes structurels, il faut des solutions structurelles », dit-il. « Nous pensons que là où nous sommes, ce n’est pas là où nous étions hier », ajoute-t-il.
La méthode de Daniel Bumba ? Prendre les défis pallier par pallier. D’abord l’épineuse question des embouteillages. La ville étouffe dans les bouchons inouïs. Cela est vrai. Le gouverneur se veut clair. Pour résoudre cette problématique : « il faut une bonne voirie, mais aussi une éducation citoyenne ». En attendant l’éducation citoyenne, les travaux de réhabilitation de la voirie sont intensément lancés dans la capitale où de très grand nombre des routes sont revêtues de béton. Le programme du gouverneur Daniel Bumba prévoit l’asphaltage ou le bétonnage de 2 mille Km dans une ville qui compte près de 4 mille Km de route. Pour se rendre de l’ampleur de ce qui est en train d’être fait, il faut se rappeler que depuis 1960 à l’arrivée de Bumba à l’Hôtel de ville, seulement 1006 Km avaient été asphaltés. Sur cette voirie de 65 ans, 95% étaient défectueux. L’actuel locataire de l’Hôtel de ville porte à lui-même un projet de refaire de 2 mille, près du double de ce qui a été fait depuis 65 ans. Ce programme de voirie prévoit aussi bien la réhabilitation, que le bétonnage de nouvelles routes. Résoudre le problème de la voirie aiderait à solutionner la question de l’insalubrité, estime le gouverneur.
Les choses avancent et Daniel Bumba note que « la perception est plus que la réalité ». Pour lui, derrière ceux qui veulent déjà plomber la réalité de Kinshasa, il y a un combat d’arrière-garde car dans la capitale affiche d’ores et déjà un autre visage. Les chiffres du gouverneur sont éloquents : 302 avenues sont prises en charge dans le programme de réhabilitation, 660 Km bouquées pour la seule année 2025, 405 kilomètres actuellement en travaux, 105 Km déjà livrés. Daniel Bumba ose la comparaison : Les 5 dernières années, Kinshasa n’a bénéficié que de 34 km de routes réhabilitées.
La construction et réhabilitation de la voirie qui s’accompagne de travaux de curage dans la ville. Daniel Bumba annonce que le curage concerne aussi le Fleuve Congo dont le dernier curage remonte à 40 ans selon le gouverneur. Le gouverneur insiste qu’il implémente une réponse méthodique aux problèmes de la ville. Pour ce qui est de la recherche de la salubrité et la gestion des immondices, Daniel Bumba affirme avoir récupéré le centre d’enfouissement de Nsele. Une décharge devrait être placé à Luzizila, une autre à Mitendi, encore une au Campus. Le gouverneur annonce que de démolitions vont se poursuivre dans la ville en vue de retrouver des centres de transit dont plusieurs ont été spoliés. Les déchets de la ville devraient être collectés, ils devraient à mettre en place des centrales biomasses. Une économie circulaire est à venir dans la ville selon le gouverneur. Mais rien n’est gagné à l’avance car la capitale produit quotidiennement 17 mille de tonne de déchets. Sans une responsabilité citoyenne de la population, les efforts peuvent s’avérer vains, même si le travail d’assainissement a été motorisé. 100 camions sont mis en place pour la collecte des déchets.
Sur le volet sécurité de la ville, le gouverneur indique selon les rapports sur sa table, la criminalité a baissé dans la capitale. Il faut dire que le chantier de la sécurité est un défi permanent pour la mégapole.
En 16 mois à la tête de Kinshasa, Daniel Bumba estime la ville est sur les bons rails. Le successeur de Gentiny Ngobila a tenu à éclairer l’opinion sur une rumeur en ce qui concerne un prétendu détournement de 96 millions de dollars alloués aux travaux d’urgence. Sur ce montant, la part de la ville est de 21 millions de dollars lesquels sont placés sur un compte du ministère des finances. Ce compte est géré par le ministère des finances, qui y ordonne le décaissement. A ce jour, pour le compte de la ville, le ministère des finances a déjà fait décaisser 14 millions pour des travaux d’urgences. La ville ne touche donc pas à cet argent, précise le gouverneur. Le compte affiche encore 7 millions logés à la banque. Daniel Bumba indique que l’inspection générale des finances intervient dans ces opérations financières. L’Hôtel de ville est donc clean sur cet aspect des choses.
Patrick Ilunga


