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jeudi, avril 16, 2026

Eurobonds : Les premières mesures de Félix Tshisekedi

La levée de 1,25 milliard de dollars par la République démocratique du Congo (RDC) sur les marchés financiers internationaux constitue sans conteste une avancée majeure. Mais au-delà de la performance financière, le président de la République, Félix Tshisekedi, a surtout tenu à cadrer fermement l’utilisation de ces ressources, en insistant sur une exigence centrale : discipline, transparence et résultats concrets.

Lors de sa communication au cours du conseil des ministres, le chef de l’État a salué une étape « que l’histoire économique du pays retiendra », marquée par la toute première émission d’eurobonds de la RDC. Il a félicité le gouvernement, en particulier le ministre des Finances, pour avoir conduit cette opération avec « méthode, constance et discipline », permettant au pays d’accéder à un espace réservé aux États jugés crédibles par les investisseurs internationaux.

Le président a surtout fixé des orientations d’exigence, de rigueur et des résultats. Pour le chef de l’État, cette réussite « ne doit pas être perçue comme une simple victoire financière, encore moins comme une marge de manœuvre politique », a-t-il souligné, notant que « ce que les marchés ont souscrit, ce n’est pas seulement une obligation financière, mais une promesse ». Une promesse qui engage l’État congolais à faire preuve de rigueur dans la gestion de ces fonds et à produire des résultats tangibles.

Pour le président congolais cette confiance doit être consolidée dans la durée. Félix Tshisekedi a rappelé que 

« la dette n’est soutenable que lorsqu’elle finance la création de richesses ». Dans cette logique, il a insisté sur le fait que chaque dollar engagé devra contribuer, directement ou indirectement, à générer les moyens de son propre remboursement. Autrement dit, les investissements réalisés grâce à cet eurobond devront être productifs et structurants pour l’économie nationale.

Le président a également été clair sur l’orientation des dépenses. Les fonds mobilisés devront être exclusivement affectés à des projets à fort impact, capables de transformer durablement le pays. Il a notamment cité les infrastructures routières, la modernisation aéroportuaire, le secteur énergétique, la formation professionnelle et la connectivité des territoires comme priorités absolues.

Dans cette optique, le ministre des Finances avait déjà détaillé les sept projets retenus. Parmi eux figurent la construction d’un terminal aéroportuaire moderne de 49 000 m², la réhabilitation de la Route nationale n°4 sur 750 kilomètres entre Kisangani et Beni, ainsi que la modernisation de 300 kilomètres de voiries urbaines à Kinshasa.

S’y ajoutent la construction d’une rocade de 31 kilomètres dans la capitale pour fluidifier le trafic, le développement d’une ligne de transmission électrique de 330 kV entre la Zambie et la ceinture cuprifère congolaise, la construction d’une centrale hydroélectrique de 64 MW au Kasaï-Central, ainsi que la création de centres de formation professionnelle dans plusieurs grandes villes du pays.

Pour le chef de l’État, ces projets ne doivent en aucun cas rester au stade des intentions. « Ils doivent devenir des réalisations visibles, mesurables et incontestables », a-t-il insisté, appelant à une rupture avec les pratiques administratives inefficaces du passé.

Afin de garantir cette exigence de résultats, Félix Tshisekedi a instruit la Première ministre de mettre en place une commission interinstitutionnelle chargée d’assurer le suivi rigoureux de l’exécution des investissements. Cette commission réunira notamment les ministères du Plan, des Finances et des secteurs concernés, ainsi que des représentants de la présidence.

Le ministre des Finances a, pour sa part, été chargé de garantir une traçabilité irréprochable des ressources et de mettre en place un dispositif de suivi structuré, accessible et opposable. L’objectif est clair : éviter toute dérive et assurer une utilisation optimale des fonds.

Les institutions de contrôle ont également été mises à contribution. L’Inspection générale des finances devra évaluer annuellement la conformité de l’exécution des projets aux lois de la République et aux meilleures pratiques. De son côté, la Cour des comptes présentera au Parlement un rapport détaillé sur la mise en œuvre de cet emprunt.

Dans le même esprit de transparence, le gouvernement devra présenter chaque trimestre au Conseil des ministres un rapport complet et vérifiable. Ce document devra préciser le niveau d’engagement des fonds, l’état d’avancement des projets, les résultats observés sur le terrain ainsi que les éventuels écarts et les mesures correctives prises.

À travers ces orientations, le président de la République entend instaurer une nouvelle culture de gestion des finances publiques, fondée sur la responsabilité et la performance. « La confiance des investisseurs ne se décrète pas, elle se construit dans la durée par des preuves tangibles de discipline et de résultats », a-t-il rappelé.

En fixant ce cap, Félix Tshisekedi transforme cette levée d’eurobonds en un véritable test de gouvernance. Plus qu’un simple succès financier, il s’agit désormais d’un engagement national : celui de convertir la confiance des marchés en progrès concret pour les populations congolaises.

Patrick Ilunga 

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