Fer de lance du bassin du Congo, la RDC revendique le statut de pays-solution, rempart incontournable face au réchauffement climatique. Forte de ses 150 millions d’hectares de forêts, ses tourbières, le Congo veut peser dans les négociations autour des enjeux climatiques. Peser et faire fructifier ses ressources. Belle ambition qui sera mise à l’épreuve déjà dans quelques jours, à la 30 ème conférence sur le climat de l’ONU prévu au Brésil.
Mais il ne suffit pas de revendiquer ses ressources pour attirer des financements. La RDC ira au Brésil avec un arsenal de programmes grâce auxquels le pays entend capter plus de ressources financières. Parmi ses projets : la forêt c’est nous et le Couloir vert Kivu- Kinshasa. Selon Marie Nyange, ministre de l’environnement, c’est la clé pour parvenir à concrétiser la nouvelle économie du climat sur laquelle la RDC construit sa politique environnementale.
Marie Nyange a annoncé l’organisation, dès le lundi 27 octobre, de la toute première Semaine congolaise du climat à Kinshasa. Il s’agit d’un cadre de concertation avec toute la crème intellectuelle autour du climat et des forêts. Un cadre de concertation qui aidera à lever les grandes options pour le rendez-vous du Brésil.
La ministre de l’environnement a expliqué que « La forêt, c’est nous » est une initiative qui vise à mobiliser toutes les forces vives autour de la préservation du patrimoine forestier congolais. Elle sera également un espace d’échanges, de réflexion et de concertation entre les principaux acteurs du secteur environnemental. Pour être sûr de rassembler toutes les intelligences, le ministère de l’environnement a mis à recenser des ingénieurs de forêt sur l’ensemble du pays. Pour Marie Nyange, rien ne doit être laissé au hasard sur les questions de forêts.
« Aujourd’hui, à travers le monde, les questions de la forêt, de l’environnement et du climat sont des questions participatives. Secteur public, privé et société civile travaillent ensemble pour construire des solutions. Nous ne pouvons donc pas aller à Belém sans dialogue ni concertation entre les parties prenantes. C’est ça, l’objectif premier de cette activité. Il est important d’avoir une feuille de route nationale, de sorte que les participants à la COP, partout où ils seront, puissent porter le même discours », a déclaré la ministre Marie Nyange.
La ministre de l’Environnement a précisé que cette semaine sera aussi l’occasion de clarifier des concepts clés comme la « nouvelle économie du climat », afin que chaque acteur, de la base au sommet, comprenne son rôle et sa contribution potentielle.
La ministre a eu la même approche pédagogique pour expliquer la pertinence du programme Couloir vert Kivu – Kinshasa.
Selon la ministre de l’Environnement, la nouvelle économie du climat est un secteur porteur de financements innovants.
« Les forêts sont aujourd’hui l’unique solution aux changements climatiques. De ce fait, il s’est créé un marché qu’on appelle le marché carbone. Ça part du principe de “celui qui pollue paie”. Le Président [ Félix Tshisekedi], qui a compris cela, a mis en place l’Autorité de régulation des marchés carbone, chargée d’encadrer ce secteur et de capter des financements », a déclaré la ministre Marie Nyange ».
Pour la RDC, le temps des atermoiements et de la politique du hasard en matière de l’environnement est révolu.
Patrick Ilunga


