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vendredi, février 27, 2026

Élection secrétariat OIF:Pourquoi les pays francophones seront soumis à un choix cornélien 

La bataille se précise pour la course au poste de secrétaire général de l’organisation internationale de la Francophonie. La République démocratique du Congo a désigné Juliana Lumumba pour candidater à ce poste face à l’actuelle secrétaire générale Louise Mushikiwabo. Les enjeux s’annoncent rudes pour l’élection prévue au mois de novembre de cette année. Les pays de l’organisation de la Francophonie devront arbitrer une bataille qui est en réalité la réplique du conflit entre le Rwanda et la RDC. La diplomatie souterraine a déjà commencé. Cette semaine, le président congolais Félix Tshisekedi a rencontré son homologue français Emmanuel Macron au palais de l’Elysée. Parmi les sujets des échanges entre les deux hommes d’État, il a été aussi question de la candidature de la RDC à l’OIF, affirme le bureau de communication du chef de l’État congolais.

Le gouvernement congolais le dit clairement : « la RDC veut « assumer pleinement son leadership au sein de la Francophonie ». Pour cela, le pays met en avant son grand atout : le pays est le  « plus grand bassin des locuteurs de la langue française », argumente Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement congolais. La RDC, compte plus de cent millions d’habitants dont la majorité est jeune, susceptible de se reproduire encore. Il est clair que que Kinshasa met en avant cet avantage, affirmant que « l’avenir de cette belle langue [ la langue française] s’écrit aussi grâce à la RDC », note Muyaya. 

Pour l’organisation internationale de la Francophonie, cet argument n’est pas à négliger, car plusieurs analystes estiment que, au niveau mondial, le français est en en recul par rapport à l’anglais, et que des viviers africains dont la RDC, ne pas à négliger.

C’est le premier atout présenté. Quant au deuxième, tout aussi décisif, c’est le choix de la fille Lumumba pour affronter Mushikiwabo. C’est « un choix stratégique », indique le gouvernement. 

« En présentant la candidature de Madame Juliana Amato Lumumba, la RDC souhaite contribuer à une Francophonie plus moderne, plus inclusive et plus proche des peuples », a souligné Crispin Mbadu, ministre délégué en charge de la Francophonie. Mbadu ajoute vantant le parcours de la candidate congolaise : « son parcours exceptionnel, son engagement pour les femmes et les jeunes, et sa vision d’une Francophonie solidaire en font une candidate de conviction et d’action ».

Le gouvernement congolais ne le clame pas haut, mais espère jouer sur la fibre historique et le souvenir de l’empreinte indélébile laissé par Patrice Lumumba, pour faire peser Juliana dans la balance lors de l’élection de novembre. Patrice Lumumba fût le tout premier premier ministre du Congo indépendant. Il fût assassiné en janvier 1961. Il est reconnu mondialement comme une icône de la lutte pour la liberté des noirs.

Les pays de l’OIF seront forcément soumis à une redoutable épreuve. Le choix de la fille Lumumba n’est pas fortuit, estiment plusieurs dans les rues de Kinshasa. Le débat n’est pas totalement tranché. Certains congolais auraient préféré voir la candidature du dr Denis Mukwege, Prix Nobel 2018, dont le nom a été avancé pour ce poste.

Juliana Lumumba née en août 1955, est titulaire d’un Diplôme de l’École des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) de Paris. Elle a occupé le poste de ministre de la culture entre 1997 et 2001 sous le gouvernement dirigé par le Lumumbiste Laurent – Désiré Kabila. 

De 2007 à 2015, elle a occupé le poste de Secrétaire générale de l’Union des Chambres de Commerce africaines (UACCIAP) au Caire.

La RDC estime avoir déniché « l’oiseau rare », mais reste maintenant à convaincre les nombreux pays de l’organisation internationale de la Francophonie, disséminés sur les cinq continents.

Patrick Ilunga 

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