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mercredi, mars 4, 2026

Processus de paix en RDC : L’Ouganda et l’Afrique veulent reprendre la main

Après la signature de l’accord de paix et de prospérité à Washington début décembre entre le Rwanda et la RDC, la guerre s’est poursuivie entre les rebelles du M23 et l’armée Congolaise, avec une intensité inattendue. La complexe guerre en RDC pour laquelle plusieurs pays et acteurs se sont impliqués, comme actuellement à Doha et à Washington, semble plus que jamais insoluble. Après que plusieurs en RDC ont espéré trouver une résolution durable au conflit de plus de 30 ans, la réalité de terrain n’est pas simple. Les efforts diplomatiques pour pacifier la RDC se font à nouveau dans la region et sur le continent africain. En deux semaines ce mois de décembre, quatre pays ont expérimenté la dynamique de reprise d’initiative par les africains pour la paix en RDC. D’abord c’est le président Félix Tshisekedi qui s’est rendu à Luanda en vue de faire part au chef de l’État angolais João Lourenço de la situation sécuritaire en RDC, au plus fort d’une situation confuse à Uvira. La ville stratégique du Sud-Kivu a vu entrer des rebelles de l’AFC/ M23, avant d’annoncer un retrait, qui par ailleurs est encore considéré par Kinshasa comme un faux retrait. Le chef de l’État Félix Tshisekedi a envoyé ensuite un émissaire au Congo – Brazzaville pour tenir informé le président Denis Sassou Nguesso de la volatilité de la situation. Au même moment ou presque, à Entebbe, le président Yoweri Museveni a organisé un sommet où il s’agissait de parler de la crise en RDC.

 Le président Museveni a toujours été d’avis que la crise en RDC est une question régionale et que seuls les acteurs de la région peuvent mieux apporter des solutions à la crise qui clairement affecte autant la RDC, le Rwanda et le Burundi. 

Le ministre d’État chargé des affaires internationales, Henry Oryem Okello, a clairement estimé que c’est à la région de s’attaquer à cette crise interminable. « La région est la mieux placée pour trouver une solution aux problèmes de la RDC… Les acteurs de la région connaissent mieux que quiconque la situation en RDC… L’Ouganda est le mieux placé et le président Museveni est le mieux placé. Nous connaissons l’origine de cette situation et savons où se situe le elle se trouve. »

Les africains tentent de reprendre l’initiative de paix en RDC et dans la région, eux qui juraient toujours avec fierté qu’en definitive, les problèmes africains doivent être résolus par les africains. Cela était soutenu au début de la résurgence du M23 en 2021. Le processus de paix de Luanda et de Nairobi n’avaient pas réussi à ramener la paix. Les deux processus avaient été réconfigurés, incluant la SADC et l’EAC. L’Union Africaine avait mandaté 5 personnalités africaines, notamment Olusegun Obasanjo, Uhuru Kenyatta, Kgalema Motlanthe, Catherine Samba Panza, Sahle Work Zewde. Cet attelage complexe, sous la coordination du président Togolais Faure Gnassingbé Eyadema n’a pas réalisé beaucoup de progrès vers la paix, au point que le processus a été recupéré et dirigé à partir du Qatar et des Etats-Unis d’Amérique.

Le processus de recherche de paix voit les africains revenir dans le jeu. C’est une dynamique qui se veut un complément au processus de Doha et de Washington où des leaders africains avaient déjà été invites début décembre afin de prendre part aux engagements pour la paix entre le Rwanda et la RDC. A présent, les africains tentent de réflechir et décider à partir de l’Afrique. Cette dynamique politique et diplomatique est complétée par la venue cette semaine dans la capitale congolaise du président togolais Faure Gnassingbé. 

Washington ayant mené à la signature de l’accord de paix, Doha étant dans un silencieux blocage, voilà l’Afrique qui tente de reprendre la main. Après le sommet de l’Ouganda à l’initiative du président Yoweri Museveni, le Togo projette à son tour d’organiser, le 17 janvier 2026, une réunion de haut niveau consacrée à la cohérence et à la consolidation du processus de paix en RDC et dans la région des Grands Lacs. Le Togo qui participe déjà aux réunions du mécanisme conjoint de coordination en matière de sécurité en RDC qui se tiennent aux Etats-Unis d’Amérique sous l’égide de Washington, entend faire bouger les lignes et ainsi jouer pleinement son rôle de médiateur dans la crise congolaise. 

La réunion prévue le 17 janvier 2026 sera un cadre pour la cohérence et la consolidation du processus de paix en RDC et dans la région des Grands Lacs. Lomé vise à renforcer la confiance et de faire progresser le processus de paix. Pour le Togo, les parties prenantes à la crise en RDC et dans les Grands Lacs doivent restées déterminées à promouvoir une paix et une stabilité durables dans la région.

Partie prenante du mécanisme conjoint de coordination en matière de sécurité, Lomé bénéficie de l’accompagnement des États-Unis pour faire progresser la mise en œuvre de l’accord de paix de Washington signé le 27 juin 2025.

L’axe africain devrait aider à consolider les engagements de paix. Dans quelques semaines, le centre de gravité de la crise congolaise pourrait quitter les terres lointaines pour s’installer au Togo. Dans cette orientation, en plus de l’Union africaine, la SADC, l’EAC, la CIRGL pourraient jouer une partition.

Patrick Ilunga

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