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vendredi, juillet 3, 2026

RDC: le Rwanda et l’Ouganda profitent du coltan et de l’or congolais derrière une guerre qui s’éternise 

Le Groupe d’experts des Nations unies sur la République démocratique du Congo vient de publier son rapport final 2026, un document de 230 pages qui dresse un tableau particulièrement sombre de la guerre dans l’est du pays. Au-delà de la crise humanitaire, les experts concluent que le soutien du Rwanda à l’Alliance Fleuve Congo/M23 demeure « critique » et qu’il a permis au mouvement rebelle de poursuivre son expansion territoriale.

Selon le rapport, la situation humanitaire continue de se détériorer sous l’effet des combats. Les experts recensent 3,4 millions de personnes déplacées en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Plus de 60 % de la population vit désormais dans une pauvreté extrême, tandis que les violences sexuelles liées au conflit et le recrutement d’enfants atteignent des niveaux sans précédent.

L’ONU estime que tous les acteurs armés commettent des violations des droits humains. Toutefois, elle désigne clairement l’Alliance Fleuve Congo/M23 comme « le principal auteur non étatique » de ces violations.

Le rapport insiste surtout sur l’implication du Rwanda. Les experts documentent la présence continue de 14 000 à 18 000 militaires des Forces de défense rwandaises (RDF) dans l’est de la RDC, appuyés par des forces spéciales, des drones, des systèmes de guerre électronique, des équipements de brouillage et des armes lourdes.

Plus encore, les experts affirment que Kigali conserve le contrôle opérationnel du M23. « Le Gouvernement du Rwanda continuait de dicter les territoires à conquérir, à conserver ou à évacuer », écrivent-ils, estimant que cette relation révèle une véritable chaîne de commandement entre Kigali et le mouvement rebelle.

Mais le rapport met également en lumière le véritable enjeu économique du conflit. Sous le contrôle du M23, l’exploitation du coltan autour de Rubaya a fortement augmenté. Les experts concluent que cette production est intégrée aux chaînes d’exportation rwandaises, permettant au Rwanda de tirer profit d’une ressource stratégique extraite sur le sol congolais. Dans le même temps, en Ituri, une part importante de l’or est exportée clandestinement vers l’Ouganda, alimentant des circuits commerciaux illicites au détriment de l’économie congolaise.

Ainsi, alors que le Rwanda bénéficierait du coltan congolais et que l’Ouganda profiterait d’une partie de l’or extrait en Ituri, les populations locales continuent de payer le prix le plus lourd de cette guerre : déplacements massifs, pauvreté extrême, violences sexuelles et enrôlement d’enfants.

Le document revient également sur les accords diplomatiques conclus à Washington entre Kinshasa et Kigali. Malgré les engagements pris, les experts considèrent que les retraits annoncés des forces rwandaises et du M23 ne correspondent pas à un désengagement réel. Ils parlent plutôt de « repositionnements tactiques » ayant permis de renforcer d’autres secteurs du front.

Autre évolution majeure, le M23 ne se contente plus de contrôler militairement des territoires. Les experts décrivent l’installation progressive d’une véritable administration parallèle à Goma et Bukavu. Le mouvement prélève des impôts, contrôle des services publics, supervise des mécanismes financiers alternatifs et met en place son propre appareil administratif.

Un contexte diplomatique sous pression

Ce rapport intervient alors que les relations entre Kinshasa et Kigali demeurent particulièrement tendues. Depuis 2022, la RDC accuse le Rwanda de soutenir le M23, une accusation que Kigali continue de rejeter. Les précédents rapports du Groupe d’experts avaient déjà documenté un soutien militaire rwandais au mouvement rebelle. Le rapport 2026 va plus loin en détaillant l’évolution des capacités militaires du M23, l’utilisation accrue des drones, la consolidation d’une administration parallèle ainsi que l’exploitation économique des ressources minières des territoires occupés.

Ces conclusions devraient alimenter les débats au Conseil de sécurité des Nations unies et peser sur les discussions diplomatiques engagées dans les processus de Washington et de Doha, dont les experts soulignent la mise en œuvre encore très limitée malgré les engagements annoncés.

Echos-Ressources 

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