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mardi, mars 10, 2026

RDC : un rapport accuse CMOC d’avoir provoqué une crise sanitaire autour de la mine de Tenke Fungurume

Un rapport d’enquête publié le 10 mars par l’Agence américaine d’investigation environnementale (EIA) accuse le groupe minier chinois CMOC, premier producteur mondial de cobalt, d’être à l’origine d’une grave pollution de l’air et d’une crise sanitaire dans la région de Tenke Fungurume, dans le sud de la République démocratique du Congo.

Selon ce document intitulé « Transition toxique », réalisé avec l’organisation PremiCongo, les activités de traitement du cobalt dans la nouvelle usine industrielle ouverte en 2023 auraient entraîné d’importantes émissions de dioxyde de soufre (SO₂), un gaz toxique issu du traitement du minerai cuivre-cobalt.

Une crise sanitaire signalée par les communautés

Le rapport affirme que ces émissions seraient à l’origine de nombreux problèmes de santé dans les communautés voisines. Les habitants évoquent notamment des saignements de nez, des toux persistantes et des vomissements de sang.

Les enquêteurs affirment également avoir observé une hausse de fausses couches et de malformations congénitales.

Pour étayer ces accusations, l’EIA dit avoir analysé plus de 1 200 dossiers médicaux anonymisés provenant d’une clinique locale et mené des entretiens avec des habitants, des travailleurs et des employés de l’entreprise.

Une étude indépendante sur la qualité de l’air réalisée entre septembre 2024 et janvier 2025 aurait également détecté des niveaux de SO₂ largement supérieurs aux normes internationales.

Une production de cobalt en forte expansion

La mine de Tenke Fungurume, exploitée par Tenke Fungurume Mining (TFM), filiale du groupe chinois CMOC, est l’un des plus grands sites de production de cobalt au monde.

La demande mondiale de ce métal stratégique a fortement augmenté avec la transition énergétique, notamment pour la fabrication de batteries de véhicules électriques.

En 2024, près de la moitié du cobalt mondial provenait des opérations de CMOC en RDC, tandis que 43 % du cobalt produit était destiné au secteur des véhicules électriques.

Les constructeurs automobiles concernés

L’enquête établit également des liens entre le cobalt provenant de Tenke Fungurume et plusieurs grands constructeurs automobiles occidentaux, dont BMW, Mercedes-Benz, Peugeot et Volkswagen, qui utilisent ce métal dans leurs batteries de véhicules électriques.

Certaines entreprises ont indiqué avoir lancé des discussions ou des enquêtes internes après la publication du rapport, tandis que d’autres n’ont pas encore réagi.

L’entreprise rejette les accusations

De son côté, Tenke Fungurume Mining conteste ces conclusions. L’entreprise affirme que les données de surveillance environnementale collectées fin 2024 et début 2025 montrent que les niveaux de dioxyde de soufre restent dans les limites réglementaires.

TFM assure également appliquer des règles strictes de sécurité et affirme qu’aucune activité dangereuse n’est autorisée sur le site.

Appel à un renforcement des normes

Le rapport accuse néanmoins la société d’avoir enfreint certaines lois congolaises relatives à la qualité de l’air et au déplacement des populations, plus de 10 000 personnes ayant été affectées par l’expansion de la mine.

Les auteurs appellent à une meilleure traçabilité du cobalt et à des normes environnementales plus strictes, afin que la transition énergétique mondiale ne se fasse pas au détriment des populations locales.

Échos -Ressources 

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