Le président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix-Antoine Tshisekedi, doit présenter ce jeudi 29 octobre à Moscou sa vision de la coopération entre la Russie et l’Afrique, au deuxième jour du 3ᵉ Sommet du Forum économique et humanitaire Russie-Afrique. Cette intervention intervient dans un contexte où Moscou cherche à consolider ses relations avec les pays africains, notamment dans les domaines économique, énergétique, scientifique et diplomatique.
Arrivé dans la capitale russe le mardi 27 octobre, le chef de l’État congolais a participé mercredi à l’ouverture des travaux, qui réunissent 48 délégations africaines, dont une vingtaine de chefs d’État et de gouvernement, ainsi que plus de 2 000 participants. Les échanges portent notamment sur le commerce, les investissements, les infrastructures, l’énergie, la sécurité alimentaire, la santé et les nouvelles technologies.
À la tribune du sommet, le président russe Vladimir Poutine a défendu un partenariat avec les pays africains fondé, selon lui, sur la parité, l’amitié et le soutien mutuel. Il a également critiqué le modèle occidental de coopération, qu’il a qualifié de néocolonial. De son côté, le président burundais Évariste Ndayishimiye, qui assure la présidence en exercice de l’Union africaine, a insisté sur la nécessité de faire bénéficier les populations africaines des richesses naturelles du continent.
« Les ressources naturelles de l’Afrique doivent bénéficier aux populations africaines et à leurs générations futures », a-t-il déclaré, soulignant ainsi l’enjeu du partage des retombées économiques de l’exploitation des ressources du continent.
Kinshasa et Moscou à la recherche de nouveaux axes de coopération
Pour la RDC, la participation de Félix Tshisekedi à ce rendez-vous s’inscrit dans une démarche de diversification des partenariats internationaux. Le déplacement présidentiel prévoit notamment un entretien bilatéral avec Vladimir Poutine au Kremlin, ainsi que la signature de trois accords de coopération.
Ces accords doivent porter sur la santé publique, les échanges économiques et commerciaux, les domaines scientifique et technique, ainsi que la formation professionnelle des jeunes Congolais à travers le programme Alabuga Start. Leur mise en œuvre et leurs retombées concrètes constitueront des éléments importants pour apprécier la portée de ce rapprochement.
La coopération avec la Russie ouvre plusieurs pistes d’intérêt pour Kinshasa, notamment en matière de formation, de développement des capacités techniques et de diversification des relations commerciales. Elle s’inscrit également dans un contexte où les États africains cherchent à élargir leurs marges de manœuvre dans leurs relations avec les grandes puissances.
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Au-delà des déclarations politiques, l’enjeu reste toutefois de traduire les engagements annoncés en projets concrets, capables de répondre aux besoins économiques et sociaux de la population congolaise.
Une dimension diplomatique et universitaire
Le séjour de Félix Tshisekedi à Moscou sera également marqué par une cérémonie de remise du titre de docteur honoris causa par l’Université russe de l’Amitié des Peuples (RUDN), également connue sous le nom d’Université Patrice-Lumumba.
Cette distinction intervient en marge d’un sommet qui constitue une plateforme de dialogue entre Moscou et les capitales africaines. Pour les autorités russes, ces rencontres permettent de renforcer les liens politiques et de promouvoir des possibilités de coopération économique et scientifique avec le continent.
L’intervention de Félix Tshisekedi, attendue ce jeudi, permettra de préciser les priorités de Kinshasa dans ce partenariat. Reste à voir comment cette vision se traduira dans les relations bilatérales, au-delà des accords annoncés et des échanges diplomatiques, et quelle place la RDC entend occuper dans le développement des relations entre la Russie et l’Afrique.
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