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jeudi, août 27, 2026

RDC-Angola : Tshisekedi et Lourenço donnent un nouvel élan au Corridor de Lobito

Le Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo et son homologue angolais João Manuel Gonçalves Lourenço ont affiché, ce mercredi 26 août 2026 à Kinshasa, leur volonté de renforcer les relations entre la République démocratique du Congo et l’Angola. La visite de travail du chef de l’État angolais a été dominée par les enjeux économiques, sécuritaires et énergétiques, avec en toile de fond l’avenir du Corridor de Lobito.

Arrivé dans la matinée à Kinshasa accompagné de son épouse, Ana Afonso Dias Lourenço, João Lourenço a été reçu par Félix Tshisekedi à la Cité de l’Union africaine. Les deux dirigeants se sont entretenus en tête-à-tête avant d’élargir les discussions à leurs délégations respectives.

Au centre des échanges figuraient notamment la coopération bilatérale, la situation sécuritaire dans la région ainsi que les projets communs dans les secteurs de l’électricité et des hydrocarbures.

Un accord ferroviaire majeur

La séquence économique de la visite a été marquée par la signature d’un contrat de concession ferroviaire portant sur le tronçon Dilolo–Sakania. L’accord, conclu entre la RDC et la société Mota-Engil, est accompagné d’une convention de collaboration et s’inscrit dans le cadre du Corridor de Lobito.

Le projet prévoit la modernisation d’une ligne ferroviaire de plus de 1 000 kilomètres destinée à améliorer la connexion entre les principaux centres miniers du sud-est de la RDC — notamment Kolwezi, Tenke et Lubumbashi — et le port angolais de Lobito, sur l’océan Atlantique.

Évalué à 1,258 milliard de dollars américains, ce projet doit contribuer à fluidifier l’évacuation des minerais congolais tout en renforçant l’intégration économique entre la RDC, l’Angola et, plus largement, les pays de la région.

Dans le cadre de la concession, l’État congolais détiendra 10 % des parts et bénéficiera d’une redevance de 7,5 % du chiffre d’affaires brut. La Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC) conservera, quant à elle, l’exclusivité du transport des voyageurs ainsi que ses droits sur le fret.

À terme, les infrastructures réhabilitées devront être transférées à l’État congolais.

De l’exportation des minerais à la création de valeur

Pour Félix Tshisekedi, l’enjeu du Corridor de Lobito dépasse largement la construction ou la réhabilitation d’une voie ferrée.

Le chef de l’État congolais veut faire de cette infrastructure un instrument de transformation de l’économie nationale. L’ambition affichée est de passer d’un corridor principalement destiné à l’exportation des matières premières à un espace favorisant la production, la transformation locale et la création d’emplois.

Cette orientation traduit la volonté de Kinshasa de tirer davantage de valeur ajoutée de ses ressources minières, plutôt que de se limiter à leur exportation à l’état brut.

Le Président Tshisekedi a également appelé à la vigilance sur les aspects opérationnels du projet, particulièrement au niveau de la frontière entre Dilolo, en RDC, et Luau, en Angola. La réussite du corridor dépendra en effet autant des infrastructures que de la fluidité des procédures douanières, administratives et logistiques entre les deux pays.

Une responsabilité qui commence maintenant

À Kinshasa, le message présidentiel était clair : la signature du contrat ne constitue pas l’aboutissement du projet, mais le début d’une nouvelle phase.

La RDC et l’Angola doivent désormais transformer les engagements pris en réalisations concrètes. La modernisation de la ligne ferroviaire, la coordination entre les différents opérateurs et la gestion de la frontière seront déterminantes pour permettre au Corridor de Lobito de tenir ses promesses.

À travers cet accord, Kinshasa entend ainsi consolider son ouverture vers l’Atlantique et diversifier ses voies d’accès aux marchés internationaux. Pour Luanda, le projet renforce également le rôle stratégique du port de Lobito comme porte d’entrée et de sortie des échanges commerciaux d’une partie de l’Afrique centrale.

Le rapprochement entre Tshisekedi et Lourenço prend donc une dimension qui dépasse le seul cadre bilatéral : le Corridor de Lobito apparaît de plus en plus comme un projet d’intégration économique régionale, avec les infrastructures ferroviaires au cœur de cette ambition.

Echos-Ressources 

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