La Commission concurrence du Comesa change de dimension. Elle devient la Commission de la concurrence et de la consommation du Comesa. Cette structure du Comesa jadis appelée ‘’Triple C’’ (CCC) du fait de ses initiales, est désormais ‘’La Quadruple C’’ (CCCC). Un changement qui intervient à la faveur du lancement de la nouvelle réglementation de cette structure du Comesa. Depuis la ville de Livingstone en Zambie mercredi 24 février 2026, La Quadruple C a officiellement présenté la nouvelle loi du marché commun (Le Règlement ou Regulations, en anglais) devant des participants venus de l’Afrique du Nord, de la zone Ouest du continent, de l’Afrique de l’Est et de l’Afrique Australe, de l’Europe et des Etats-Unis d’Amérique.
Pour la Quadruple C, aussi appelée « La Commission », la présentation de la nouvelle loi (règlement 2025) représente un aboutissement d’un long processus, débuté depuis 2021 en vue de combler les lacunes de la loi de 2004. Dr Willard Mwemba, directeur exécutif de La Commission note que la mondialisation et les avancées technologiques ont largement contribué à modifier la dynamique du marché, et que la croissance rapide de la technologie a changé la façon dont les producteurs et consommateurs interagissent dans le commerce. « Comme les marchés sont dynamiques, il est également important que les lois ne restent pas statiques et qu’elles soient amendées en prenant en compte les changements », a souligné le numéro 1 de la CCCC, ajoutant au passage que ceci permettra que les autorités de concurrence (en général) ne manquent pas d’intervenir dans la conduite des acteurs, susceptible de perturber le marché de manière irréversible.
La Commission prend désormais en compte le marché du numérique. « La taille du marché numérique en Afrique a été estimée à 30,24 milliards de dollars en 2025 et devrait atteindre 63,31 milliards de dollars d’ici 2030 à un taux de croissance de 15,9%. Cela a été soutenu par la capacité technologique croissante dans les Etats africains, qui est passée de 25% à 41% entre 2000 et 2018 », a indiqué Dr Willard Mwemba. Cette croissance est due à l’augmentation de la pénétration d’internet et à la diffusion rapide des technologies numériques sur le continent. La Banque Mondiale estime que plus de 160 millions d’Africains ont gagné un accès à internet haut débit entre 2019 et 2022. Une augmentation de 115% des utilisateurs d’internet entre 2016 et 2021 en Afrique Subsaharienne et que 191 millions d’individus supplémentaires ont effectué ou reçu un paiement numérique entre 2014 et 2021.
La Zone Comesa, forte de 682 millions de consommateurs, répartis dans 21 pays, n’échappe pas à cette nouvelle dynamique. La région (Comesa) se devait donc de se doter d’une loi qui soit en mesure de faire face à d’éventuelles mentalités anti-compétitives. La loi de 2004 n’était pas adéquate sur ces questions, a souligné le numéro 1 de la CCCC. Celle présentée ce 24 février (Celle de Décembre 2025) l’est. Le nouveau texte « n’est pas un ensemble des théories, mais un document pratique, qui élargit le mandat de La Commission », se félicite-t-on au sein de cette structure du Comesa.
Le volet numérique de la nouvelle loi veillera également aux fusions (entre entreprises) numériques. Le nouveau texte prévoit également de manière explicite de suivre et protéger les droits de consommateurs, les abus de position dominante, les pratiques trompeuses et les pratiques en ligne préjudiciables comme les contenus numériques dangereux.
Pour Chileshe Mpundu Kapwepwe, secrétaire générale du Comesa, la révison de la loi du CCCC n’est pas seulement une question juridique. Elle est aussi un impératif économique pour la zone Comesa dont le PIB est supérieur à 1 100 milliards de dollars. « Il est important de noter que le Règlement élargit également la perspective de l’intérêt public pour inclure l’emploi, la participation des petites et moyennes entreprises, les questions environnementales afin de garantir un environnement durable », a salué Chileshe Mpundu.
A la Commission, l’on assure que dans le cadre de la mise en œuvre la nouvelle loi, la CCCC privilégiera la transparence et un dialogue constructif avec les parties prenantes afin de garantir que la loi n’étouffe pas l’environnement des affaires, mais qu’elle le booste afin de parvenir à une création de richesses et l’intégration régionale.
Patrick Ilunga


