15.9 C
Londres
dimanche, août 30, 2026

Marché carbone : la RDC se dote d’un cadre juridique pour valoriser ses forêts et ses tourbières

La République démocratique du Congo s’investit davantage dans sa stratégie de valorisation de son immense potentiel environnemental. Le gouvernement a adopté plusieurs projets de textes portant sur le régime juridique du marché du carbone, destinés à organiser, réguler et superviser les activités liées à ce secteur en pleine expansion.

Soumis au Conseil par la ministre de l’Environnement Marie Nyange, ces projets de textes visent notamment à reconnaître et encadrer au niveau national les activités relevant du marché volontaire du carbone menées au pays.

L’ambition est également de mettre en place une véritable architecture institutionnelle du marché national du carbone et d’instituer un registre national du carbone. Ce registre devra constituer un système souverain d’enregistrement des résultats d’atténuation des émissions ainsi que des résultats d’atténuation susceptibles d’être transférés au niveau international.

Après débats et délibérations, les projets de textes ont été adoptés, le dernier ayant toutefois été approuvé moyennant certains amendements.

Cette évolution juridique s’inscrit dans une stratégie plus large par laquelle la RDC entend transformer son potentiel écologique en opportunité économique et financière. Avec ses 150 millions d’hectares de forêts du bassin du Congo, considéré comme l’un des principaux poumons écologiques de la planète, le pays dispose d’importantes ressources capables de stocker d’importantes quantités de carbone.

La RDC entend ainsi mieux valoriser ses forêts, mais également ses vastes tourbières, qui figurent parmi les plus importantes réserves de carbone au monde. En protégeant ces écosystèmes et en évitant leur dégradation, le pays espère générer des crédits carbone susceptibles d’être valorisés sur les marchés volontaires et, dans certaines conditions, dans les mécanismes internationaux prévus pour la lutte contre le changement climatique.

L’enjeu est considérable : permettre au pays de capter une partie des flux financiers mondiaux consacrés au climat et à la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Jusqu’ici, l’un des principaux défis pour la RDC consistait à disposer d’un cadre juridique et institutionnel suffisamment clair pour garantir la transparence, la traçabilité et la souveraineté nationale sur les crédits carbone générés sur son territoire. La création d’un registre national répond précisément à cette nécessité.

En mettant en place cette architecture, Kinshasa cherche à éviter que les ressources environnementales nationales soient valorisées sans contrôle suffisant de l’État ou que plusieurs acteurs revendiquent simultanément les mêmes résultats d’atténuation.

Au-delà de l’enjeu environnemental, le marché du carbone apparaît donc progressivement comme un nouvel instrument de financement du développement et de la conservation. Pour un pays confronté à d’importants besoins de financement tout en abritant une partie essentielle des écosystèmes mondiaux, la valorisation des services environnementaux représente une source potentielle de revenus encore largement sous-exploitée.

La prochaine étape consistera à traduire ce nouveau cadre juridique dans des mécanismes opérationnels capables d’attirer des investisseurs et des acheteurs de crédits carbone, tout en garantissant que les populations locales et les communautés vivant autour des forêts bénéficient également des retombées économiques.

À travers ce cadre juridique, la RDC affiche ainsi son ambition de ne plus seulement être considérée comme un pays qui protège les forêts et absorbe du carbone pour le reste du monde, mais aussi comme un acteur capable de valoriser financièrement ce rôle écologique stratégique.

Echos-Ressources 

Dernières nouvelles
- Advertisement -spot_img
Nouvelles connexes

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici