Le gouvernement congolais franchit une étape importante dans le processus de sortie de la République démocratique du Congo de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI). Au cours de la dernière réunion du Conseil des ministres, le ministre des Finances Doudou Fwamba a présenté un état d’avancement jugé encourageant des réformes engagées par le pays dans la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT).
Selon le ministre, à l’arrivée du gouvernement en 2024, la RDC n’avait réalisé que cinq des vingt-trois actions prescrites dans le cadre du plan d’action du GAFI, soit environ 21 % des exigences requises en dix-huit mois. Entre juillet 2024 et janvier 2026, dix-huit actions supplémentaires ont été exécutées en seulement dix-sept mois, portant ainsi à vingt-trois le nombre total d’actions réalisées à ce jour, soit 100 % des engagements techniques attendus.
Doudou Fwamba a indiqué que cette progression rapide traduit la volonté des autorités congolaises d’améliorer la gouvernance financière et de renforcer la crédibilité du pays sur la scène internationale. Il a également souligné que la dixième réunion en face-à-face entre la délégation congolaise et le Groupe conjoint Afrique du GAFI, organisée le 27 avril 2026 à Swakopmund, en Namibie, a constitué une étape décisive dans le processus d’évaluation finale de la RDC.
D’après les conclusions techniques issues de cette rencontre, la majorité des actions prescrites dans le plan d’action du GAFI ont été traitées de manière largement satisfaisante. Ces avancées concernent notamment le renforcement du cadre juridique et réglementaire en matière de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, l’amélioration des mécanismes de supervision des institutions assujetties, ainsi que le renforcement de la coordination nationale entre les différents services impliqués.
Le gouvernement met également en avant les progrès réalisés dans le renforcement des capacités opérationnelles de la Cellule nationale des renseignements financiers (CENAREF) et des services d’enquête. Les autorités soulignent par ailleurs l’intensification des poursuites judiciaires et des mécanismes de confiscation des avoirs criminels, ainsi que le développement de la coopération internationale dans la lutte contre les flux financiers illicites.
Cette dynamique positive a notamment permis à la RDC d’adhérer au Groupe de lutte contre le blanchiment d’argent en Afrique orientale et australe. Le pays se prépare également à intégrer officiellement le Groupe Egmont, réseau mondial regroupant les cellules de renseignements financiers, lors d’une rencontre prévue entre fin juin et début juillet 2026 à Bakou, en Azerbaïdjan.
En perspective de la prochaine mission du GAFI annoncée à Kinshasa, considérée comme l’ultime étape avant une éventuelle sortie officielle de la liste grise, le ministre des Finances a insisté sur la nécessité de maintenir la mobilisation gouvernementale. Il a évoqué plusieurs mesures préparatoires jugées indispensables afin de convaincre définitivement les évaluateurs internationaux.
Parmi ces mesures figure l’élaboration d’un rapport exhaustif sur la mise en œuvre du plan d’action du GAFI. Ce document devra servir de référence lors de la visite des experts internationaux et démontrer les mécanismes mis en place par le gouvernement pour assurer la continuité des réformes, même en l’absence de l’appui des partenaires techniques et financiers.
Le ministre a également plaidé pour une coordination renforcée entre les différents ministères et services concernés, notamment à travers la tenue en urgence d’une réunion interministérielle regroupant tous les acteurs sectoriels impliqués dans ce processus.
Pour Kinshasa, une sortie officielle de la liste grise du GAFI constituerait un signal fort envoyé aux investisseurs internationaux et aux partenaires économiques, dans un contexte où la RDC cherche à renforcer la transparence de son système financier et à améliorer son attractivité économique.
Patrick Ilunga


