La République démocratique du Congo a appelé à une profonde réforme de la gouvernance mondiale des minerais critiques, estimant que la transition énergétique ne pourra être qualifiée de « juste » que si les pays producteurs bénéficient pleinement de la valeur créée par leurs ressources.
S’exprimant lors de la réunion de haut niveau des Nations unies consacrée aux minéraux critiques pour la transition énergétique, la ministre d’État aux Affaires étrangères Thérèse Kayikwamba a plaidé pour un changement de modèle économique, afin que les pays africains ne soient plus cantonnés au simple rôle de fournisseurs de matières premières. Elle a réaffirmé l’ambition de la RDC de devenir un pôle régional de transformation industrielle, grâce à des investissements dans les infrastructures, l’énergie, la recherche, les technologies et la modernisation de l’exploitation artisanale.
La cheffe de la diplomatie congolaise a également établi un lien direct entre l’exploitation illicite des ressources naturelles et l’insécurité dans l’est du pays. Citant les conclusions du Groupe d’experts des Nations unies, elle a indiqué qu’au moins 1 400 tonnes de coltan issues des mines de Rubaya ont été acheminées clandestinement vers le Rwanda après la prise de contrôle de la zone par le M23, générant environ 800 000 dollars par mois au profit du groupe armé.
Estimant que cette situation met en évidence les insuffisances du système international, la ministre a regretté que les Forces de défense rwandaises ne soient toujours pas concernées par le régime de sanctions de l’ONU. La RDC, qui assure la présidence du Conseil de sécurité, plaide ainsi pour un cadre international reliant plus étroitement la gouvernance des ressources naturelles à la prévention des conflits, à la paix et à la sécurité internationales.
Enfin, Kinshasa a appelé à une responsabilité partagée de l’ensemble de la chaîne de valeur des minerais critiques. Thérèse Kayikwamba a insisté sur le fait que la traçabilité doit permettre de lutter contre la fraude, la contrebande et le financement des groupes armés, tout en évitant d’exclure les producteurs artisanaux des marchés internationaux. La ministre a conclu que le succès de la transition énergétique se mesurera autant à l’amélioration des conditions de vie des populations des pays producteurs qu’au développement des technologies vertes.
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