L’économie de la République démocratique du Congo continue d’afficher une résilience malgré un environnement international incertain. Dans sa dernière note de conjoncture, la Banque centrale du Congo (BCC) souligne que le contexte économique intérieur demeure globalement maîtrisé, avec une stabilité observée sur les principaux marchés et des perspectives de croissance qui restent favorables.
Cette dynamique est renforcée par la décision du Fonds monétaire international (FMI) qui a approuvé la troisième revue du programme soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC) ainsi que la deuxième revue de l’accord conclu dans le cadre de la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD). Cette approbation ouvre la voie à un nouveau décaissement d’environ 348,5 millions de dollars américains, portant le montant total des financements déjà décaissés au titre de la FEC à près de 1,03 milliard de dollars.
Sur le plan macroéconomique, les projections restent encourageantes, même si elles ont été légèrement revues dans le cadre des discussions avec le FMI. Les prévisions initiales du Comité permanent de cadrage macroéconomique (CPCM), établies sur la base des données arrêtées à fin décembre 2025, tablaient sur une croissance du produit intérieur brut (PIB) réel de 6,2 % en 2026, contre 5,7 % enregistrés en 2025.
Toutefois, dans le cadre du programme économique conclu avec le FMI, les autorités congolaises et les services de l’institution de Bretton Woods se sont accordés sur une projection plus prudente de 5,6 % pour cette année. Malgré cet ajustement, cette performance demeure l’une des plus élevées de la région et traduit la solidité des fondamentaux de l’économie congolaise.
La croissance devrait continuer d’être tirée principalement par le secteur extractif. La valeur ajoutée des industries minières, en particulier celles des minerais non ferreux, est attendue en hausse de 9,4 %, contre 8,7 % en 2025. Cette progression serait soutenue par une demande mondiale toujours élevée pour le cuivre, le cobalt et l’or, trois minerais stratégiques dont la RDC est l’un des principaux producteurs.
En parallèle, les activités hors mines devraient confirmer leur reprise. Leur croissance est projetée à 5,0 % en 2026, contre 4,8 % un an plus tôt, portée notamment par le dynamisme des secteurs du bâtiment et des travaux publics (BTP), des services, de l’agriculture et de l’industrie manufacturière.
Pour le FMI, cette diversification progressive de la croissance constitue un signal encourageant pour l’économie congolaise. Si le secteur minier demeure le principal moteur de l’activité, le regain des secteurs non extractifs pourrait contribuer à rendre la croissance plus inclusive et moins dépendante des fluctuations des cours internationaux des matières premières.
Patrick Ilunga


