Les recettes de l’État congolais sont restées inférieures aux objectifs fixés en juin, alors que les dépenses publiques ont continué de progresser, accentuant les tensions sur les finances publiques malgré une amélioration des réserves de change et le succès des émissions de dette en devises.
Selon la dernière note de conjoncture de la Banque centrale du Congo (BCC), les régies financières n’avaient mobilisé, au 26 juin, que 1.467,8 milliards de francs congolais (CDF), soit environ 70 % des recettes prévues dans le plan de trésorerie du mois. Cette contre-performance intervient dans un contexte où le gouvernement cherche à accroître les ressources internes pour financer ses priorités budgétaires.
La Direction générale des impôts (DGI) est restée le principal contributeur avec 613,0 milliards de CDF, devant la Direction générale des douanes et accises (DGDA), qui a collecté 517,2 milliards, et la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participations (DGRAD), dont les recettes se sont élevées à 337,7 milliards.
Dans le même temps, le rythme des dépenses est demeuré soutenu. Les décaissements de l’État ont atteint 2.880,2 milliards de CDF, dépassant largement les recettes mobilisées. Les salaires des agents publics représentent l’essentiel de ces dépenses, avec 1.143,9 milliards de CDF, un montant supérieur aux prévisions mensuelles de 990,0 milliards, notamment en raison de paiements complémentaires. Les frais financiers se sont, pour leur part, établis à 90,8 milliards de CDF.
La BCC estime que le plan de trésorerie du mois de juin affiche un déficit prévisionnel de 332,0 milliards de CDF, les recettes attendues de 1.970,1 milliards restant inférieures aux dépenses programmées de 2.302,1 milliards.
Sur le marché domestique de la dette, les résultats apparaissent contrastés. Les émissions de bons et obligations du Trésor en monnaie nationale ont suscité un intérêt limité : les souscriptions retenues n’ont atteint que 357,0 milliards de CDF, soit 31 % des 1.150,0 milliards annoncés dans le programme semestriel. En revanche, les titres émis en dollars ont rencontré une forte demande, avec des souscriptions totalisant 1,101,9 milliard de dollars, soit un taux de réalisation de 122,4 %. Lors de l’adjudication du 23 juin, le Trésor a retenu la totalité des offres reçues, pour un montant de 30,5 millions de dollars sur des bons à trois mois rémunérés à un taux moyen de 9,64 %.
Sur le marché des changes, le franc congolais a poursuivi sa dépréciation. Au 26 juin, le dollar s’échangeait à 2.259,40 CDF sur le marché interbancaire et à 2.325,28 CDF sur le marché parallèle, soit une baisse hebdomadaire de 0,86 % et 1,27 % respectivement pour la monnaie nationale.
La BCC relève toutefois une évolution favorable des réserves internationales, qui ont progressé de 250,44 millions de dollars en une semaine pour atteindre 7,86 milliards de dollars au 25 juin. Ce niveau représente environ trois mois de couverture des importations, un indicateur considéré comme rassurant pour la stabilité extérieure du pays, alors que les autorités continuent de faire face à d’importants besoins de financement budgétaire.
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