Les finances publiques de la République démocratique du Congo ont été marquées, au mois de juin 2026, par un ralentissement de la mobilisation des recettes, une exécution des dépenses supérieure aux prévisions et une légère dépréciation du franc congolais, selon les dernières données de la Banque centrale du Congo (BCC).
Les statistiques provisoires montrent que les régies financières n’ont pas atteint les objectifs fixés dans le plan de trésorerie de l’État. À fin juin, les recettes issues des impôts directs et indirects ne représentaient qu’environ 70 % des prévisions mensuelles, traduisant une mobilisation des ressources inférieure aux attentes.
Au 26 juin, les recettes collectées par les trois principales régies financières se sont établies à 1.467,8 milliards de francs congolais (CDF). La Direction générale des impôts (DGI) demeure le principal pourvoyeur des ressources publiques avec 613,0 milliards de CDF, soit près de 42 % des recettes totales. Elle est suivie par la Direction générale des douanes et accises (DGDA), qui a mobilisé 517,2 milliards de CDF, tandis que la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participations (DGRAD) a généré 337,7 milliards de CDF.
Dans le même temps, les dépenses de l’État ont dépassé la programmation mensuelle. Elles ont atteint 2.880,2 milliards de CDF, un niveau largement supérieur aux recettes mobilisées. Les rémunérations des agents et fonctionnaires de l’État constituent le premier poste de dépenses, avec 1.143,9 milliards de CDF, un montant légèrement supérieur aux prévisions de 990,0 milliards, notamment en raison du paiement de compléments de salaire. Les frais financiers, incluant principalement le service de la dette, se sont élevés à 90,8 milliards de CDF.
Selon la BCC, le plan de trésorerie de l’État pour le mois de juin fait apparaître un déficit prévisionnel de 332,0 milliards de CDF, résultant de recettes attendues de 1.970,1 milliards de CDF contre des dépenses programmées de 2.302,1 milliards.
Sur le marché des titres publics, les émissions en monnaie nationale sont restées peu attractives au premier semestre. Les souscriptions retenues n’ont représenté que 357,0 milliards de CDF, soit 31 % des 1.150,0 milliards initialement prévus. À l’inverse, les émissions en devises ont dépassé les attentes, avec un taux de réalisation de 122,4 % et des souscriptions totalisant 1,1 milliard de dollars américains. Lors de l’adjudication du 23 juin, le Trésor a retenu l’ensemble des offres reçues, soit 30,5 millions de dollars en Bons du Trésor à trois mois, rémunérés à un taux moyen pondéré de 9,64 %.
Sur le marché des changes, le franc congolais a poursuivi sa légère dépréciation. Au 26 juin, le taux de change s’établissait à 2.259,40 CDF pour un dollar sur le marché interbancaire et à 2.325,28 CDF sur le marché parallèle, soit des replis hebdomadaires respectifs de 0,86 % et 1,27 %.
En revanche, les réserves internationales ont progressé de 250,44 millions de dollars en une semaine pour atteindre 7,86 milliards de dollars au 25 juin 2026. Ce niveau permet de couvrir environ trois mois d’importations de biens et services, offrant au pays un matelas de sécurité face aux chocs extérieurs, malgré un contexte budgétaire marqué par des besoins de financement toujours élevés.
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